Confondant une fois de plus homosexualité et pédophilie, l'Eglise catholique a décidé d'interdire l'ordination de prêtres ayant montré des tendances homosexuelles. Vives sont les réactions à l'instruction papale anti-gay, interdisant le sacerdoce aux prêtres gay . En particulier celles de certaines associations qui appellent à l’apostasie (du grec apostasia, abandon).
L’apostasie concerne les personnes baptisées catholiques qui souhaitent abandonner leur appartenance à l’Église catholique. Et celles et ceux qui veulent les soutenir pour protester contre l’ingérence de l’Église dans la politique.
Une marche est organisée le samedi 26 novembre à 15h00 Place St-Gervais (derrière l’Hôtel de Ville) pour une procession durant laquelle les participants feront publiquement et symboliquement apostasie.
Personnellement, voilà une raison de plus de me sentir de moins en moins catholique... Je me demande si je ne vais pas faire cette démarche, car quel intérêt de croire en une Eglise qui ne vous reconnait pas, qui vous conspue et vous exècre ? Pourquoi devrais-je croire en une Eglise qui fait le contraire de ce qu'elle enseigne : l'amour des autres et la tolérance ?
Apostasie mode d’emploi - Comment faire apostasie ?
Les raisons de l’apostasie - Pourquoi faire apostasie ?
Alors que l'instruction du Vatican visant à empêcher les homosexuels de devenir prêtres a été publiée hier soir, mardi 22 novembre, en intégralité sur le site internet d'une agence catholique contestataire, Adista, les Panthères roses appellent le samedi 26 novembre, à Paris, à «une procession revendicative» pour inviter les passants à faire «acte d'apostasie, c'est-à-dire à abandonner publiquement et volontairement leur appartenance à l'Église catholique». «Par cette action, nous protestons contre le sexisme et l'homophobie de cette institution dans la vie publique», précise l'association. L'instruction du Vatican ne semble pas les contredire. On peut y lire que l'Église «ne peut admettre au séminaire et aux ordres sacrés ceux qui pratiquent l'homosexualité, présentent des tendances homosexuelles profondément enracinées ou soutiennent ce qu'on appelle la “culture gay”». Et rappelle qu'elle considère les «actes» homosexuels comme des «péchés graves» et l'homosexualité comme un «désordre». Pour les Panthères roses, «l'Église catholique tire sa légitimité du nombre de personnes baptisées: en invitant à faire acte d'apostasie, les Panthères roses entendent refuser de cautionner cette idéologie antichoix, sexiste, transphobe, lesbophobe et homophobe».
On en parle depuis des semaines, depuis le synode des évêques, mais cette fois, c'est fait. Alors qu'elle devait être officiellement rendue publique la semaine prochaine, l'instruction papale interdisant le sacerdoce aux prêtres gay a été publiée mardi sur le site internet d'une agence catholique contestataire, Adista. Les réactions ont été immédiates. En France, le magazine catholique réformiste Golias juge ce texte «scandaleux, discriminatoire et insultant». «Le plus grave, dans ce texte, c'est que les homosexuels sont quasiment considérés comme des handicapés, puisqu'il est clairement écrit qu'ils se trouvent “dans une situation qui est un grave obstacle à des relations correctes avec les hommes et les femmes”, a affirmé à l'AFP son rédacteur en chef, Christian Terras. Ce texte va entretenir un climat malsain dans l'Église, on va vers de plus en plus de délations, qui ne pourront être basées que sur des rumeurs ou des jugements discriminatoires.»
En Allemagne, pays d'origine du pape Benoît XVI, de nombreux élus, de droite comme de gauche, ont fustigé l'instruction. «Il est surtout inacceptable que non seulement les homosexuels, mais aussi ceux qui soutiennent le mouvement gay, soient exclus de la prêtrise, souligne le député libéral (droite) Hans-Michael Goldmann, chargé des questions religieuses au sein de son parti, qui précise sur son site internet être lui-même catholique. Jésus lui-même nous a enseigné par ses actes que Dieu aime et accepte tous les hommes. Le fait que le Vatican revienne sur ce principe de base est effrayant. C'est un signe inquiétant d'une intolérance croissante dans notre société.» «Lorsque le Vatican exige plus des séminaristes homos que des aspirants prêtres hétéros, c'est de la discrimination, et c'est indéfendable», surenchérit le député Verts Volker Beck, en estimant que «cette directive s'apparente à une diabolisation théologique des homosexuels». «Même l'abstinence ne les sauve pas (de la condamnation de l'Église)», regrette-t-il.
Aux États-Unis, où ont eu lieu de nombreux scandales pédophiles (amalgame, quand tu nous tiens) à l'origine de ce texte, une association de prêtres actifs dans la communauté homosexuelle a elle aussi dénoncé le texte, estimant qu'il conduira à plus de refoulement. Selon Francis DeBernardo, directeur exécutif de l'association New Ways Ministry, le Vatican a «une conception terriblement étroite et ignorante» de ce qu'est l'homosexualité, qui va bien au-delà du simple «désir de se livrer à certains actes sexuels». L'approche du Vatican conduit à une attitude «méprisante» pour les prêtres et séminaristes gay, estime-t-il. Il note que la directive du Vatican pourrait être perçue comme provocatrice par certains prêtres et séminaristes homosexuels, poussés à «défier cet enseignement en reconnaissant publiquement leur orientation. Et elle encouragera ceux qui travaillent à l'accueil des gays et des lesbiennes à redoubler leurs efforts», ajoute-t-il.
Extraits du site tetu.com
Les raisons de l’apostasie
L’Église catholique est aujourd’hui une menace pour les droits et la survie des femmes, des gouines, des pédés, des trans, et de toutes celles et de tous ceux qui ne savent pas que le latex est le seul moyen de se protéger du sida parce que l’Église continue à en condamner l’usage. Nous assistons aujourd’hui à une très nette volonté de l’Église et de ses responsables de peser davantage sur la vie politique, pour défendre ses valeurs réactionnaires :
- Début 2004 : le Vatican fait pression sur l’ONU pour qu’une résolution condamnant les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre ne soit pas discutée. Le projet est retiré le 30 mars 2004.
- 18 novembre 2004 : en France, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme recommande le retrait du projet de loi condamnant les insultes homophobes et sexistes. Cet avis négatif s’appuie notamment sur la position du Cardinal Jean-Marie Lustiger. Quelques jours plus tard, le projet de loi initial est retiré.
- Été 2005 : en Italie, le débat autour de la loi sur la procréation médicalement assistée mobilise le Vatican. Unis derrière le slogan « La vie ne peut pas être soumise au vote, ne votez pas », le clergé mène campagne. Le 13 juin 2005, le référendum qui portait sur un assouplissement des références à l’embryon en tant qu’être humain a été invalidé en raison d’une très forte abstention.
- 2004-2005 : en Espagne, l’Église catholique exerce des pressions auprès de l’opinion publique et des éluEs pour stopper la loi sur le mariage entre personnes de même sexe. Les homosexuels sont traités d’“anormaux”, de “virus” et de “dangers sociaux” comparables à des “meurtriers” par des officiels de l’Eglise. La Conférence épiscopale espagnole distribue sept millions de dépliants dans les écoles et les églises. Des maires annoncent qu’ils refuseraient de célébrer des mariages homosexuels. Le 30 juin 2005, les députéEs ont cependant adopté le projet.
- 1er septembre 2005 : parution de l’Abrégé du Catéchisme de l’Église catholique. Dans cet ouvrage, les actes homosexuels y sont définis (au même titre que le viol) comme des « péchés » et une « expression du vice et de la luxure ». Il est clairement demandé aux autorités civiles d’empêcher leur « diffusion » par des « lois appropriées ». L’Église catholique tire sa légitimité du nombre de personnes baptisées : en invitant à faire acte d’apostasie, les Panthères roses entendent refuser de cautionner cette idéologie anti-choix, sexiste, transphobe, lesbophobe et homophobe. Dé-baptisons-nous : PLUS EN NOTRE NOM !
En faisant apostasie, et en le faisant savoir nous protestons contre le sexisme et l’homophobie de cette institution dans la vie publique :
RENDEZ-VOUS SAMEDI 26 NOVEMBRE 15H00 Place St-Gervais (derrière l’Hôtel de Ville) pour une procession durant laquelle nous ferons publiquement et symboliquement apostasie.
Extraits du site des Panthères Roses
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